Défi des Fondus de l’Ubaye : rendez-vous aux sommets !

Depuis que je suis tout petit, la montagne a toujours exercé sur moi une attirance certaine. Bien que n’ayant pas la morphologie d’un grimpeur, la quête des cimes n’en demeure pas moins l’objet principal de ma pratique cyclopédique. Qu’ils soient des Pyrénées, des Alpes, des Vosges, du Jura ou bien du Massif Central, les cols me fascinent. Alors quand l’occasion d’enchaîner quelques uns des plus grands cols des Alpes du sud se présente, difficile de résister à la tentation. L’objectif d’un tel rendez-vous au sommet ne me lâche plus ; dès les premiers tours de roue du début de saison, j’ai déjà en tête la date du 25 juin 2011, si loin et en même temps si près. Vars, Sainte Anne, Bonette, Cayolle, Allos, Saint Jean, Pontis, ces 7 fameux cols de la vallée de l’Ubaye me tendent les bras, à moi d’être à la hauteur !

A la hauteur de mes espérances bien entendu, mais aussi de celles de tous ces enfants qui souffrent de la mucoviscidose. Car le défi des Fondus de l’Ubaye sert aussi de cadre à la lutte contre cette maladie génétique qui obstrue les bronches. Une partie des frais d’inscription est en effet reversée à l’association “Vaincre la mucoviscidose”. Aussi, comme le rappelle Claude Véran, homme orchestre de cette épreuve, “au-delà de la souffrance, les enfants atteints de mucoviscidose se dépassent au quotidien pour simplement respirer, alors nous, sportifs en parfaite condition physique relevons ce défi personnel ayant un sens noble”.

C’est dans la fraîcheur matinale que le peloton des “fondus” s’élance depuis Barcelonnette, direction le col de Vars. Il fait tout juste 5° C et le soleil n’a pas encore fait son apparition. Toutefois, la clarté du ciel annonce une belle journée.
Un départ à l'aurore !
Au grés des premières pentes de Vars, le peloton s’étire, chacun prend son rythme car la suite du programme nécessite d’en garder sous la pédale sous peine de le payer cash quelques cols plus loin… Une fois ce premier col franchi, on redescend aussitôt en direction de la Condamine Sainte Anne et on croise alors ceux qui n’en n’ont pas encore terminé avec cette première difficulté. On en profite pour les encourager. Plus tard dans la journée, certains peut être nous doublerons du côté d’Allos ou de Pontis !
Col de Vars
La seconde ascension conduit jusqu’à la station Sainte Anne et remplace celle du col de Larche dont l’accès est désormais interdit aux vélos en raison des risques d’éboulement. L’effort est court mais violent pour atteindre le sommet situé à 1800 mètres d’altitude. Le soleil a fait son apparition et l’atmosphère se réchauffe tout doucement. En redescendant vers Jausiers, la Bonette, troisième col du jour, fait figure d’épouvantail avec ses 23 kms d’ascension pour se hisser jusqu’à 2802 mètres d’altitude !

Il est 8h30 lorsque j’arrive au pied de col que je connais presque par cœur compte tenu du nombre de fois où je l’ai grimpé. Aujourd’hui, il va falloir gérer, ne pas s’affoler, prendre son rythme et profiter des moindres petits relâchements de la pente pour souffler un peu, très peu… Comme tous les grands cols, la Bonette se mérite et la délivrance est d’autant plus grande lorsque l’on finit par apercevoir la stèle qui rend hommage au génie militaire qui a façonné cette route, réputée pour être la plus haute d’Europe. Le paysage qui s’offre à nous est majestueux, pas un nuage à l’horizon, un ciel d’une limpidité exceptionnelle, un vrai décor de carte postale. On voudrait savourer pendant des heures ce formidable décor mais il reste encore du chemin à faire ! Un nouveau coup de tampon sur la carte de route, puis on enfile le coupe vent et on replonge à nouveau sur Jausiers.
Col de la Bonette
La température est désormais clémente, pour ne pas dire chaude et au passage par le poste de contrôle de Barcelonnette, on en profite pour laisser quelques couches de vêtements inutiles, remplir les bidons et les poches arrières du maillot et nous voila reparti vers le col de la Cayolle.

C’est déjà le 4e morceau de bravoure et dès les premiers kilomètres la chaleur s’ajoute à la fatigue. Le coup de pédale demeure souple et la progression régulière. Je suis désormais seul depuis le sommet de la Bonette mais cette solitude ne me perturbe pas. J’aperçois au loin un concurrent qui semble à ma portée mais je me garde bien de vouloir revenir trop vite sur lui, d’autant que tant que la route n’a pas franchi le Bachelard, la partie la plus difficile n’a pas été abordée. On entre donc dans le vif du sujet à partir du hameau de Bayasse à 1670 mètres d’altitude. Il reste alors 7 kms avant d’atteindre le sommet de la Cayolle situé à 2326 mètres. Ces 7 derniers kilomètres sont un vrai régal pour les yeux… moins pour les jambes !

Au sommet, pour la 4e fois de la journée, nouveau coup de tampon sur la feuille de route et on repart d’où l’on vient, direction le pied du col d’Allos. Tout au long de la descente, la file des concurrents s’étire dans des proportions de plus en plus grandes. la chaleur se fait de plus en plus présente, il est 14h00. Voilà déjà 9h que le départ a été donné. 3 cols restent à franchir…
Col de la Cayolle
Au gré du ravitaillement de Uvernet, je repars avec 2 compagnons de route mais au bout de quelques kilomètres, je me retrouve à nouveau seul. Les jambes tournent toujours aussi bien, je me surprends même à tomber des dents au fur et à mesure que je m’approche du sommet du col d’Allos. En redescendant, j’encourage mes 2 ex-compagnons de route pour qui il reste encore une paire de kilomètres avant de toucher au but à leur tour.
Col d'Allos
A 16 heures, les cols les plus réputés sont désormais dans la poche. Il est temps maintenant de regagner le bas de la vallée de l’Ubaye pour aller “cueillir” le col Saint Jean et le redoutable col de Pontis.

Un peu de plus de 20 kilomètres séparent Barcelonnette du pied du col saint Jean. La traditionnelle brise de fond de vallée s’est réveillée et heureusement que nous sommes 2, puis 3 pour l’affronter. Nos relais sont courts et efficaces et nous finissons par apercevoir enfin les eaux turquoises du lac de Serre Ponçon synonyme de début de l’ascension du col saint Jean. Cette avant dernière ascension n’est pas la plus pittoresque, loin s’en faut. La route est large et la circulation importante. Mais qu’importe, il faut rester concentrer et ne pas oublier de s’alimenter. De la chaleur nous sommes en effet passés à la canicule. Nous progressons le long des rochers par une température qui dépasse les 30°c…

Je serai presque tenté de dire que ce col Saint Jean est franchi comme une simple formalité. En revanche, pour l’un de mes 2 compagnons de route, l’aventure s’arrête ici en raison de douleurs intestinales trop importantes.

Un dernier obstacle nous attend, le col de Pontis. Contrairement aux années précédentes où celui-ci est escaladé en hors d’œuvre, cette fois-ci, il fait donc office de cerise sur le gâteau ! Avant de l’aborder, il est nécessaire de se hisser jusqu’au village du Sauze qui domine le lac de Serre Ponçon par une route en lacets dont les pourcentages n’ont rien à envier à ceux rencontrés dans les cols précédents. Quelques kilomètres de descente plus loin, nous voilà enfin face au dernier épouvantail du jour. Par son versant nord, le col de Pontis est moins long mais tout aussi abrupte que par son versant sud. La pente tombe rarement en dessous 8 à 9 % quand elle n’atteint pas 11%. Je suis légèrement distancé par mon compagnon de route dès les premiers mètres d’ascension puis je finis par revenir sur lui sur le haut du col. La délivrance est toute proche ! Nous atteignons le sommet vers 19h et il nous reste plus qu’une petite trentaine de kilomètres avant de rejoindre Barcelonnette.
Col de Pontis
Dans la vallée, le vent a quelque peu faibli et ne nous aide pas vraiment contrairement à nos pronostics optimistes. Qu’importe, ce ne sont pas ces derniers kilomètres en faux plat montant qui vont venir à bout nos forces ! J’accuse pourtant un peu le coup pendant 5 ou 6 kilomètres, incapable même durant quelques instants de suivre mon valeureux compère. Puis, progressivement, les sensations reviennent, j’assume à nouveau ma part de relais et finis même par assurer seul le tempo dans les 10 derniers kilomètres.

A 20h27 très exactement, nous arrivons à bout de ce Défi des Fondus de l’Ubaye après avoir passé un peu plus de 14h30 sur le vélo. Ainsi s’achève une journée magique, que je ne suis pas prêt d’oublier…

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