Qui peut le moins, peut le plus…

Je lis souvent les récits de véritables dévoreurs de bitume qui accumulent parfois en 1 semaine autant de kilomètres que je n’en fait en 1 mois ! Si je reste admiratif face à une telle assiduité, je me garde bien d’établir toute comparaison avec ma propre pratique.

En 2013, j’ai ainsi effectué 73 sorties, soit même pas 2 sorties par semaine en moyenne sur l’année. Pour autant, on y trouve quelques belles parties de manivelles comme le Défi des Fondus de l’Ubaye (320 km), le Tour du Mont Blanc (330 km) ou encore l’Ardèchoise Vélo Marathon (278 km) qui franchissent allègrement le cap des 250 km chacune avec à la clé des temps de parcours relativement honorable, toute prétention gardée. Mais surtout, un plaisir sans cesse renouvelé d’avoir atteint mes objectifs sans connaître de baisse régime avec, cerise sur le gâteau, des décors de rêve.

Dans mon entourage professionnel, certains pensent que je suis un acharné du vélo quand je leur raconte ce que je fais. S’ils savaient ce que d’autres font… Beaucoup pensent en effet à tort qu’il faut accumuler des milliers de kilomètres pour se lancer dans des épreuves de « grand fond ». J’emploie volontairement ce terme à la place de cyclosportive car de mon point de vue, celui-ci, à force d’être banalisé et aseptisé, ne correspond plus vraiment à cette 3e voie qui a été ouverte dans les années 80 entre la compétition pure et dure d’un côté et le cyclotourisme de l’autre. Je referme la parenthèse 😉

PICT0061.JPG

Je n’ai jamais eu l’âme d’un compétiteur et je ne l’aurai sans doute jamais. J’aime en revanche me lancer des défis personnels en étant d’un naturel généreux dans l’effort. J’ai d’ailleurs toujours eu du mal à apprécier les sorties en groupe où la moindre pancarte est prétexte à un sprint, par contre je ne rechigne pas à affronter le vent en mettant tout le monde dans ma roue ! Ceci dit, si l’on considère que je roule quasiment toujours seul, les occasions de m’abriter derrière quelqu’un sont forcément rares…

Au fil de mes années de pratiques, j’ai appris à gérer la « conquête » de mes objectifs en passant un minimum de temps sur le vélo afin de préserver un juste équilibre entre mon activité professionnelle et ma vie familiale. En phase de préparation, je me contente donc de 2 sorties par semaine, généralement le mercredi (merci les RTT !) et le samedi, afin d’accumuler suffisamment d’heures de selle pour me lancer sur des épreuves où le foncier prime sur l’explosivité à la manière d’un robuste moteur diesel !

En 2013, je me suis présenté au départ du Tour du Mont Blanc avec un cumul de 6000 km depuis le mois de janvier. J’ai effectué une progression régulière passant d’une moyenne de 95 km par sortie en janvier à 200 km en juin. Pour les amateurs de chiffres, voici ci-dessous un tableau récapitulatif.

vt2013

Au final, je boucle mon Tour du Mont Blanc en 14h00 soit exactement l’objectif que je m’étais fixé au regard de ma « préparation ». Aurai-je pu faire mieux ? Peut-être, mais au prix sans doute de concessions que je ne souhaitais pas faire.

Au delà d’avoir atteint mon objectif, je retiens surtout l’état d’esprit dans lequel j’ai effectué ce TMB. A aucun moment j’ai ressenti ni baisse de moral, ni « panne moteur ». Tout a été très linéaire, très régulier. Même le déluge qui s’est abattu dans la descente du Cormet de Roselend n’a eu raison de ce sentiment d’impunité dans lequel je m’étais enfermé. Ce type de sensation est très difficile à décrire sans tomber dans une certaine forme de prétention. Mais qu’est ce que c’est bon ! Le plus étrange est d’avoir eu l’impression de revivre un film, dont j’étais acteur, alors même que je n’avais jamais fait la totalité du parcours auparavant. Il faut dire que j’en ai passé du temps, certains soirs, à me balader « virtuellement » sur chacun des cols via Google Earth !

En 2014, point de Tour du Mont Blanc mais encore un défi de taille à relever avec Bordeaux Paris.

Actuellement, je me fixe comme objectif un temps de 20h qui sera susceptible d’évoluer au fur et à mesure de ma préparation. Celle-ci restera similaire à celle du Tour du Mont Blanc avec en moyenne 2 sorties par semaine et un allongement progressif de la distance moyenne par sorties de janvier à la mi-mai. Cet objectif de temps n’est bien entendu pas une obsession, il s’agit simplement d’une sorte de curseur me permettant de planifier mes sorties sans excès ni dilettante. Je prévois ainsi d’arriver sur la place des Quinconces à Bordeaux avec environ 4500 kilomètres et 2 ou 3 sorties de 300 km maximum. Je retiens en effet de l’expérience de mes 2 précédentes participations à Bordeaux Paris en 1998 et 2000 qu’il est inutile de « simuler » la distance de l’épreuve. Je préfère enchaîner 2 sorties de 300 km avec une récupération suffisante entre chaque (10 jours) que d’en réaliser une seule de 600 km sous peine de s’exposer à une fatigue inutile que l’on risque de payer le jour J.
Ma « préparation » devrait donc s’établir de la manière suivante :

  • janvier : 800 km, sorties d’une centaine de kilomètres en moyenne
  • février : 700 km, 1 ou 2 sorties de 150 km, voir plus sur la météo le permet
  • mars : 1000 km, au moins 2 sorties de 200 km
  • avril : 1200 km, sorties d’environ 150 km en moyenne et au moins 1 de 300 km
  • mai : 800 km, sorties d’environ 120 km en moyenne et 2 sorties de 300 km

Bien entendu, tout ceci est susceptible d’évoluer en fonction des conditions météos et de mes contraintes professionnelles tout en maintenant l’objectif de cumuler au moins 4500 km d’ici au départ de Bordeaux Paris.

J’espère, par ces quelques lignes, démystifier l’approche des épreuves longues distances en essayant, bien modestement, de démontrer qu’il n’est pas forcément utile d’accumuler des heures et des heures de selle pour relever avec succès ce type de challenge. L’important est de bien se connaître et de se mettre dans une dynamique positive en se projetant dans l’épreuve dès le début.

Alors, vous êtes prêt à vous lancer ?

En attendant, bonne route et bonne saison 2014 !

Une réflexion au sujet de « Qui peut le moins, peut le plus… »

  1. j’ai couru de 1980 1990, ensuite plus cyclotourisme VTT et cyclosportives Limousin et autour, mais c’est en cyclotourisme et sur les brevets montagnards (super BRA, Luchon Bayonne ….) où j’ai découvert enfin la montagne que j’ai eu le plus de plaisir avec toutes ces découvertes de paysages et de personnes étonnantes.
    en 2013 je n’ai pratiquement pas roulé (800km) mais j’ai fait 2 cyclosportives en « touriste »
    mais mon truc ce sont des brevets montagnards, en autonomie complète, comme les Cinglés du Ventoux et le Défi Bugiste car on va à son rythme (pauses photos, pauses repas) , en 2014 je ne sais pas encore lequel des 2 je vais pouvoir refaire. Le Défi des Fondus de l’Ubaye me tente mais là c’est un peu plus compétition.
    Quand je vois le coût de certaines cyclos, traversée des Alpes, etc , etc, plus il y a de sponsors et sociétés organisatrices professionnelles plus c’est cher. Donc je dois me limiter aux brevets de Confréries.
    L’Ardéchoise c’est très sympa, surtout les bénévoles, la formule sur plusieurs jours est très agréable.
    Bordeaux Paris je l’ai fait il y a très longtemps, en 1984.
    Le tour du Mont Blanc à vélo je l’ai fait sur 2 jours , seul.

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